lundi 4 mai 2015

Fête du 1er mai 2015 à Brest, mon discours


"Mesdames, Messieurs,
Chers ami·e·s, chers camarades,

J'ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue pour notre traditionnelle fête du 1er mai, au nom de la section du Parti Communiste du Pays de Brest, du groupe des élu·e·s communistes et de progrès de Brest Métropole, et de celui du Relecq-Kerhuon.

Merci d'abord au Patronage Laïque du Pilier-Rouge, qui nous accueille depuis 10 ans, et nous permet d'organiser cette fête dans les meilleures conditions. Nous avons la chance dans notre ville d'avoir ces lieux d'éducation populaire, de lien social, qui ont résisté au temps et aux crises. Dans ce contexte de début d'année 2015, ils sont parmi d'autres, des lieux essentiels de culture, de partage, de rencontres et d'éducation à la citoyenneté, qui fondent aujourd'hui une des spécificités de Brest, que d'autres villes nous envient. Je veux parler de notre organisation sociale, notre maillage de quartier, nos associations de proximité et de lien.

Je salue les militant·e·s, les bénévoles, les élu·e·s, les associations présentes sur la fête, qui chaque année se mobilisent pour vous offrir ce moment d'échange et de convivialité.


Merci enfin aux autres forces de gauche de leur présence parmi nous ce midi. Des élu·e·s socialistes, aux représentant·e·s de l'écologie, de BNC à l'UDB, la gauche c'est vous, c'est nous, c'est cet ensemble que nous formons, ce n'est pas plus compliqué. A Brest, nous avons appris à travailler ensemble à la municipalité depuis plusieurs mandats, visant une société de progrès et de justice, chacun avec ses approches différentes. On voit bien que lorsqu'une force est seule aux commandes, c'est plus compliqué de répondre aux aspirations des gens... On le voit à l'échelle nationale, mais on peut aussi le regretter une fois de plus au lendemain des élections départementales. Le maintien à gauche du Conseil Départemental est le fruit de la mobilisation de l'ensemble des formations, des électeurs et électrices de gauche. Je ne prendrai qu'un seul exemple : sans le score réalisé au 1er tour par Isabelle Mazelin au Relecq-Kerhuon, on peut penser qu'il aurait été plus compliqué pour la nouvelle présidente d'être réélue au second tour.

Cette fête du 1er mai s'inscrit dans la tradition des rendez-vous de luttes et de mobilisation. C'est le sens que nous lui donnons années après années. Car les raisons de se mobiliser ne manquent pas.

La venue du Président de la République dans notre ville hier est un élément de reconnaissance de l'action publique menée par les collectivités locales, via le campus des métiers et, au lycée Vauban, le campus de la mer, en lien avec le projet d'industrialisation du Polder autour des énergies marines. On ne peut pas lui reprocher de venir sur le terrain. Mais on aurait aimé que ce soit l'occasion pour le Président de la République de se réconcilier avec le peuple de gauche. En renouant avec des politiques de progrès social, en apportant des réponses concrètes à la vie des gens. Un seul exemple, c'était l'occasion d'annoncer l'engagement de l'État dans le développement et l'industrialisation du port de Brest, projet de polder aujourd'hui financé par les collectivités. Il n'en a rien été.

La mobilisation des agent·e·s des médiathèques illustre cette exaspération qui grandit face au recul des moyens pour l'action publique, pour l'intérêt général. Je connais leur sens et leur engagement pour le service public. Je comprends en grande partie leur réaction. Elle illustre la difficulté des collectivités locales, face au désengagement de l'État, de porter des projets ambitieux pour le développement du service public, pour innover et offrir de nouveaux services aux usagers correspondant aux besoins d'aujourd'hui. Les médiathèques représentent le premier équipement public de proximité, celui qui est en première ligne du lien social.

En tant qu'élu·e·s, nous sommes dans un cadre contraint, du fait des choix gouvernementaux. Mais nous menons aussi le combat, en lien et en concertation avec mes collègues élu·e·s de la majorité, pour que les meilleurs choix publics pour les usagers soient mis en œuvre dans notre collectivité.

Un dernier mot avant de vous inviter à partager le verre du 1er mai... Nous sommes à quelques mois d'une nouvelle échéance électorale, des élections régionales qui vont arriver très vite maintenant. Très clairement, les communistes n’auront qu'un seul cap : tout faire pour que la droite ne gagne pas la région et que l'extrême-droite ne s'affirme pas en Bretagne.

D'autant qu'avec Marc Le Fur en leader de la droite bretonne, c'est le camp réactionnaire qui serait aux manettes. Pour prendre un exemple que je connais un peu, c'est ce député qui s'est illustré contre la loi sur le mariage pour tous. Il a milité à l'assemblée dans le cadre de la loi pour l'égalité réelle, contre l'IVG en proposant son déremboursement et en exigeant qu'elle ne constitue plus un droit mais seulement une possibilité. La gauche et la droite ce n'est vraiment pas pareil.

Dans le contexte actuel, il est possible que la droite gagne les élections régionales. Le département réputé le plus à gauche a bien basculé le mois dernier. Avant de trancher sur la stratégie qui serait la meilleure pour battre cette droite conservatrice, il nous faut travailler sur les contenus, les propositions qui donneraient des raisons aux gens de se mobiliser pour la gauche, aux abstentionnistes de se déplacer, de se rassembler contre la droite. Le bilan de l'équipe sortante sera un argument, mais c'est surtout notre capacité à faire avancer les grandes questions qui intéressent les gens qui sera décisive. Travaillons à un contenu et à un projet mobilisateur pour l'ensemble de la gauche, c'est l'esprit dans lequel nous abordons ces échéances.

Parce que si la droite gagne ce sera pire, mais si la gauche gagne sans nous ce ne sera pas mieux pour les bretonnes et les bretons.

Bon 1er mai et que la fête se poursuive."

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